24 février - 14 mars

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Vientiane

24 – 27 janvier

Un vol de 2 heures et nous arrivons dans la capitale du Laos: Vientiane. Il est alors 9h30 soit 1h de plus qu’en Malaisie et 6h de plus qu’en Belgique. A notre arrivée à l’aéroport l’ambiance est zen. Nous devons faire une demande de Visa, nous n’avons pas de cash (le kip est ici la monnaie locale) et encore moins de dollars. Le gardien emmène gentiment Bert à l’ATM ( le mistercash Asiatique) situé dans l’aéroport. Les formalités sont simples, 30 euros par visa de 30 jours. Il est probable que nous prolongerons celui-ci…tout dépendra de comment nous nous sentons dans le pays. Nous savons que les transports y sont lents et les routes dans un mauvais état.
Le chauffeur de taxi qui nous emmène à notre hôtel connait quelques mots de français, le Laos ex-Indochine a laissé des traces surtout chez les plus de 50 ans. Nous arrivons au Vientiane Garden Boutique , un très joli hôtel avec une partie des bâtiments en style colonial. Il y a énormément de touristes français. Jusqu’ici sur notre parcours, nous n’en n’avions quasi pas rencontré. Vientiane ressemble davantage à un grand village qu’à une capitale. L’ambiance n’y est pas oppressante ni polluée comme certaines capitales asiatiques dont je tairai le nom 🙂.

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COPE visitor center

Dès le lendemain, comme à notre habitude, nous louons quatre vélos, pas de siège pour Emile, c’est donc sur le dos de son papa qu’il fera le trajet. C’est le Mékong qui longe la ville et qui traverse également le Cambodge et le Vietnam. Ce fleuve est extrêmement large et de couleur brunâtre. Il est une véritable bénédiction pour les pays qu’il traverse (Chine, Birmanie, Laos, Thaïlande). Environ 70 millions d’habitants vivent directement dans son bassin. Il est notamment utilisé pour l’irrigation pour les cultures de riz entre autre, comme réceptacle de systèmes de drainage d’eaux usées, pour la pêche et la pisciculture, la production hydroélectrique, le transport et la fourniture d’eau pour l’industrie et les particuliers. Il est également connu pour ses habitations et marchés flottants en Thaïlande.

Première excursion, le COPE Visitor Center, qui a été érigé par l’ONG UXO. Cette petite exposition didactique nous apprend énormément d’éléments nouveaux sur la guerre du Vietnam. Le Laos est le pays qui a été le plus bombardé de toute l’histoire. Plus de 2 millions de bombes ont été lancées sur le Laos entre 1964 et 1973 et aujourd’hui encore le pays en subit les conséquences. Seul 1% des bombes à fragmentation a été extrait des sols, alors que des millions de bombes s’y dissimulent encore.

Pour rappel, l’origine de la guerre du Vietnam remonte au conflit entre le Nord et le Sud-Vietnam. Très rapidement, l’armée sud-vietnamienne s’est vue soutenue par les États-Unis par crainte de voir le Vietnam devenir entièrement communiste. Le Laos a également abrité des soldats communistes nord-vietnamiens pendant la guerre du Vietnam. Les États-Unis ont donc décidé de bombarder le Laos sous prétexte qu’il s’agissait d’une guerre «secrète». Les attaques de bombes se sont déroulées sur une période de neuf ans au cours de laquelle un bombardement a eu lieu toutes les 8 minutes, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Les États-Unis ont mené 580 000 missions au cours desquelles 270 millions de bombes à fragmentation ont été déchargées au-dessus du Laos. Une bombe à fragmentation contient environ 670 «bombies», de petites bombes de la taille d’une orange. Avant l’impact, dans les air, la bombe libère 670 petites bombes et chaque “bombie » a une portée mortelle de 3 terrains de football. Trente pour cent des bombes larguées n’ont pas explosé lors de l’impact au sol et se trouvent toujours sur le territoire laotien.

On estime qu’environ 50 000 Laotiens ont été blessés ou tués à la suite d’incidents liés aux UXO (UXO = Unxploded Ordnance) depuis 1964. Environ 30 000 de ces incidents ont eu lieu pendant la guerre du Vietnam (jusqu’en 1973). Les 20 000 autres victimes sont tombées après le conflit. Plus de 40% des victimes sont des enfants qui découvrent de petites bombes en jouant mais également les fermiers qui cultivent les terres. Chaque année, il y a environ 100 victimes.

Le centre offre aux victimes une aide de première ligne sous forme de prothèses et autres dispositifs médicaux. En outre, le centre fournit une assistance financière et psychologique aux familles touchées.
Les ONG UXO Lao en Mag forment des équipes pour déminer les surfaces à risque et permettre leur réhabilitation en tant qu’espace de culture. Le travail est minutieux et exige une formation spécifique. Bref un travail de titan. Depuis cette visite au centre, les garçons nous demandent régulièrement s’ils peuvent marcher à tel ou tel endroit sans risque tant l’histoire les a marqué. Pour ma part, j’ignorais totalement ce volet historique qui nous a tous ému.

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A notre retour du musée, Bert tombe nez à nez avec son ami d’enfance Kristoffel V. et sa petite famille. Ils résident dans le même hôtel que nous. En route depuis plus d’1 mois, ils sont en voyage pour une période de 4 mois. Quelle coïncidence, nous avions eu vent de leur départ mais ignorions totalement leur itinéraire. Se retrouver dans le même hôtel dans la capitale du Laos Vientiane, il faut le faire. Ils ont également trois garçons Lukas, Joppe et Wannes, âgés respectivement de 10 ans, 8 et 6 ans. Les garçons sont un peu timides de prime abord mais très vite ils envahissent les lieux et profitent de la piscine. Nous partagerons un souper ensemble et quelques autres moments agréables.

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Le lendemain, nous louons une nouvelle fois des vélos ce qui nous permet de nous rendre aux quatre coins de la ville qui est heureusement peu vallonnée. Le soleil lui, ne nous épargne pas mais notre épreuve physique reste raisonnable et ponctuée de pauses en tout genre: jus de fruits frais, café voire même baguettes fourrées comme chez nous. La baguette et les croissants sont bien présents dans la capitale, relique de l’Indochine (ancienne colonie française).

Nous passons à côté de la stupa noir posée sur un rond point, le fameux temple Wat Si Saket, qui recèle plus de 2000 bouddhas miniatures sachant que dans le passé on en trouvait plus de 9000. Nous passons également à côté d’une construction plutôt originale faite à base de vaisselle en porcelaine. Construction éphémère posée non loin de l’arc de Triomphe Lao, le Patuxai bâti entre 1957 et 1968, dédié aux personnes ayant combattu contre la France pour l’indépendance du pays et le musée de l’armée (nous n’accéderons pas à l’intérieur car c’est son jour de fermeture).

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Changement de programme et journée détente: massage pour ceux qui le souhaitent, soit quatre sur cinq. Massage pour les pieds pour les garçons et massage aux huiles essentielles pour maman. Un vrai bonheur. Bert fera l’impasse cette fois-ci et boit un café éthiopien dans un bar à café branché.

Titkafe

Petit tour chez le coiffeur en fin de journée pour Emile (ce ne sera d’ailleurs pas une réussite, j’aurais dû m’en douter vu la déco du salon:), heureusement ça repousse.

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Vang Vieng

27 janvier – 01 février

Il est déjà temps de quitter Vientiane pour Vang Vieng plus au nord. Kristoffel et Sara nous donnent quelques bons plans pour profiter du nord du Laos et nous voilà partis pour quelques heures de bus: entre 4h et 5h si tout va bien. Le trajet s’annonce pénible vu l’état des routes et le dénivelé. Faudra s’accrocher et surtout essayer d’avoir les places devant dans le minibus.
A 20 minutes de l’arrivée, nous crevons. Seul le chauffeur semble s’en être aperçu. Nous rebroussons chemin pour nous poser à l’ombre et c’est en 10 minutes chrono que notre chauffeur déboulonne l’ancien pneu pour le remplacer aussi vite qu’il faut pour le dire. Vu l’état des routes, cette mésaventure doit lui arriver régulièrement. Nous arrivons sains et saufs sans aucun malade à bord. Nous avons réservé un petit hôtel, Vang Vieng Homestay, dans le centre de Vang Vieng avec une petite piscine. La nature est fascinante, d’énorme montagnes recouvertes de verdure nous accueillent. Le coucher du soleil y est magique.

Nous sommes à deux pas du Mekong. Viang Vieng est anciennement connue pour être le village de la ‘débauche’. De nombreux touristes s’y rendaient pour consommer des produits et autres drogues illicites et réaliser des sports extrêmes dont le tubing (sorte de grosse bouée pour descendre la rivière et s’arrêter tous les x kilomètres pour se saouler aux bars le long de la rive). L’état laotien a décidé de mettre de l’ordre et d’interdire l’incitation à la débauche. Le village est redevenu plus calme. Il y a encore certainement des endroits pour y faire la fête et ces endroits se transmettent vite entre touristes mais l’ambiance ne nous a pas dérangé.
Devant le petit hôtel où nous avions posé nos valises, a lieu chaque jour à l’aube un petit marché local. Une diversité de couleurs et de légumes y sont vendus en petites quantités, il s’agit de production locale. C’est aussi là que les enfants verront leurs premiers rats, écureuils, grenouilles, chauves souris étalés sur les bâches. Un peu étonnant le premier jour, mais on s’y fait. Je n’ai pas dit qu’on les verrait bien dans nos assiettes…

Emile trouve également un endroit pour jouer au tracteur pendant que ses parents sirotent un café au lait glacé (au café et guesthouse Champalao). Ce petit bonhomme manque cruellement d’endroit pour se poser et jouer calmement avec de petits jouets. Nous en trimbalons bien quelques uns mais il est lassé de jouer avec les mêmes, ce que nous comprenons. Nous comblerons ses besoins lors des prochaines étapes… enfin c’est notre souhait.

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Au plus nous remontons dans le nord au plus la nature est présente et les espaces plus ouverts.
Une fois les repères pris, nous louons deux scooters pour visiter les quelques grottes environnantes qui font la fierté de la région ainsi que les lagons et autres sources d’eau. La route que nous empruntons pour rejoindre la cascade est fort accidentée et peu fréquentée, nous comprendrons pourquoi à notre arrivée. Un petit filet d’eau fait office de cascade, à cette période de l’année les pluies ne sont effectivement pas suffisantes pour que le spectacle nous impressionne. Cette petite déception nous permettra par contre d’emprunter une route en construction qui nous fera traverser des villages improbables et des paysages splendides. Nous arrivons enfin à destination, un endroit où les chinois arrivent par dizaines pour vivre le frisson : pénétrer dans une grotte sur une bouée accrochée à une corde avec pour seule source de lumière une lampe de poche. Nous ne tenterons pas le grand frisson mais les garçons se baigneront.

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Luang Prabang

1 – 4 février

En passant par Vang Vieng nous avons déjà un avant goût de la nature au Nord du Laos, mais avant d’atteindre les montagnes karstiques et cette végétation luxuriante, nous passons par Luang Prabang. Cette très jolie ville a également été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle a été construite sur la péninsule formée par le Mékong et la rivière Nam Khan River. Cette ville paisible compte plus de touristes que de locaux. Cela ne nous empêche pas de nous y plaire à peine arrivés. Nous nous installons dans l’hôtel Silichtih Guesthouse.

Ce qui va également pimenter notre séjour, c’est cette belle rencontre faite au sommet du Mont Phousi, à 150 m au dessus de la ville avec Sofie, Frederik et leurs trois enfants: Olivia 11 ans, Gloria 8 ans et Julian 5 ans et demi. Je me souviens encore de la phrase de Federik lorsqu’il nous aborda ‘Vous voyagez aussi avec vos 3 marmots?’ Et c’est parti. Le courant passe alors directement entre les enfants quasi du même âge et les parents qui n’arrêtent pas de discuter.
Vous pouvez suivre leurs aventures sur Polarsteps.

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Nous décidons de nous revoir le soir même pour partager le repas et le lendemain pour réaliser un atelier de confection « d’attrape rêve » ainsi que du tressage de bambou. Les enfants et même les parents s’appliquent, l’ambiance est détendue et le lieu qui nous accueille est super joli (Heuan Chan Heritage Centre).
Le soir nous goûterons à la gastronomie laotienne et à la fondue dans un super resto donnant sur le Mékong. Sofie et Frédérik nous racontent qu’ils ont acheté un tuk tuk, c’est à dire un genre de site car (moto + cabine soudée avec banquette) pour parcourir le sud du Laos et aller à la rencontre des populations sur le plateau des Boloven. Nous sommes séduits par leur aventure. Le slow tourisme permet effectivement de voyager à son rythme et de sortir des sentiers battus. En prenant les bus locaux c’est certes une façon de rencontrer la population mais il est aussi impossible de déroger au parcours qui nous mène du point A au point B. Avec son propre véhicule, à nous la liberté. Nous décidons d’acheter la moitié du tuk tuk qui nous attend pimpant dans un hôtel à Vientiane. Quelle aventure! Merci à Sofie et Fredérik de nous faire confiance et surtout de nous avoir proposé de vivre cette folle aventure.

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Le lendemain nous nous rendons à la fameuse cascade Kuang Si, à 25km de Luang Prabang. Un petit coin de paradis. Les chutes sont magnifiques et l’eau turquoise une invitation à la baignade, les garçons n’y résistent d’ailleurs pas.
Avant d’accéder aux chutes, nous passons dans un mini-zoo sorte de réserve pour les ours noirs à collerette qui ont été réhabilités et préservés dans un enclos de plus d’1 hectare. ‘Free the Bears’ est l’association qui s’occupe de la réhabilitation de ces ours. C’est impressionnant de les voir à une telle distance.
Et avant de rentrer à l’hôtel, petit arrêt à la ferme des buffles pour y goûter de la glace à base de lait de buffles, un véritable régale.

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Nong Khiaw

4 – 11 février

Le lendemain c’est en bus local que nous partons pour Nong Khiaw. La route est comme partout au Laos bien abîmée par endroit surtout aux endroits où travaillent les sociétés chinoises pour faire progresser les travaux de barrage pour l’électricité sur la fleuve Nam Ou. C’est après 6h de route que nous arrivons dans ce jolie village au pied des montagne longeant la rivière Nam Ou. L’ambiance y est authentique et détendue. Nous jetons notre dévolu sur de petits bungalows le long de la rivière au Sengdao Guesthouse. A 8 euros la nuit,nous en prendrons deux avec pour objectif de mettre Simon et Robin dans l’un et Emile avec nous. C’est peine perdue, notre vie fusionnelle nous offre peu d’intimité.
Ceci étant, les lieux comblent les garçons qui passeront tous leurs temps libres à jouer autour des coqs et des poules de l’établissement. C’est gai de les voir gambader et se créer de nouveaux univers. J’essaye de garder mes craintes liées aux transmissions de maladies pour moi mais m’assurent bien qu’ils se lavent régulièrement les mains. Nous poursuivons le travail scolaire et jouissons de la quiétude des lieux. Le climat est assez particulier dans cette région, les nuits sont très fraîches le thermomètre frôle les 9 degrés et la journée il atteint 34 degrés. Nous nous réveillons tous les matins dans la grisaille et une fois 10h00 le soleil pointe le bout de son nez pour donner au paysage de magnifiques couleurs mais aussi une chaleur parfois difficile à supporter.

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Avides de découvertes et de nature, nous décidons de partir en trek accompagné d’un guide rien que pour nous:) A 9h00 pétante,nous embarquons à bord d’un petit bateau en route vers l’inconnu en compagnie de notre guide Khun, qui parle plutôt bien anglais. Au programme, de la marche, du bateau, une nuit chez l’habitant, encore de la marche, et du kayak. Un programme bien chargé mais très excitant nous attend. Dans ce coin reculé du Laos, il n’y a pas d’hôpitaux et encore moins de lieux éducatifs. Nous croisons un bateau-ambulance de l’UNICEF qui se charge d’apporter les soins nécessaires à la population très pauvre de ce coin, les médicaments sont quasi inexistants. Il ne faudrait pas que quelque chose de grave nous arrive dans cette région.
Nous repartons ensuite vers une belle cascade logée à 1H30 de marche. Les garçons tiennent la cadence et Emile a décidé de prouver ce dont il est capable. Il marche comme un grand sa main pendue à celle de notre guide. Les eaux qui déferlent de la cascade sont glacées mais font beaucoup de bien aux marcheurs que nous sommes.
Dernière expérience de la journée, la découverte de la jungle avec le guide pour Bert et les garçons, les chemins escarpés et la densité de la végétation sont trop dangereux pour Emile. Nous attendons sur une petite plage de sable que nos aventuriers reviennent. Nous sommes étonnés par le peu de faunes que nous croisons dans ces espaces naturels. Le guide nous explique alors que les habitants chassent pour leur propre consommation, les animaux se sont donc éloignés fortement des endroits fréquentés par l’homme. ils ont fuit les bords de la fleuve aussi. C’est dommage mais nous comprenons.
En début de soirée, nous sommes accueillis dans une famille du village qui a l’habitude de recevoir les touristes en trekking pour une nuit. Nous sommes fatigués mais comblés par la journée. Nous partageons le repas confectionné uniquement grâce aux flammes d’un petit feu: poissons, morceaux de buffalo grillés, légumes cuits et le fameux sticky rice ( riz collant qui accompagne tous les plats au Laos). A 20h30, nous tombons dans les bras de morphée, épuisés par les efforts réalisés sous une chaleur accablante. Le matelas n’est pas bien épais voire même inexistant mais nous sommes protégés des moustiques.
La température a l’aube ne dépasse pas les 9 degrés habituels et c’est sous la grisaille que nous reprenons la route. Programme du jour: 2h de marche le matin et 3h l’après-midi. Les garçons sont moins enthousiastes que la veille, fatigués ils s’exécutent. Les sourire reviennent vite. Nous lunchons dans un autre petit village avant de repartir pour l’après-midi les estomacs bien remplis. L’idée de faire du kayak en fin de journée les boost. La nature est splendide mais la chaleur bien présente, petit Emile marchera une fois de plus presque l’entièreté du trek! Incroyable, du haut de ses 3ans et demi, il a été rechercher des forces insoupçonnées. Hélas, quelques jours plus tard il payera pour ses efforts 😞…

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Nous prenons le temps de nous reposer les quelques jours qui suivent mais avant de quitter ce petit coin de quiétude, nous voulons réaliser le joli point de vue tant vanté dans les différents guide. Qui dit point de vue dit grimpette. Plus d’ 1h30 d’efforts. Je pense abandonner à plusieurs reprises, Bert porte Emile sur son dos, je suis admirative et poursuis mes efforts.

Epuisés et trempés de sueur, nous arrivons ENFIN au sommet! Nous sommes fiers de nous et nous pouvons l’être car le dénivelé sur 1km500 est très raide. Le paysage qui s’offre à nous est splendide sur les 360 degrés qui nous entourent.

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The Living Land

Le lendemain, nous devons reprendre la route pour Luang Prabang. Nous y avons laissé l’un de nos gros sacs et devons également y prendre l’avion pour retourner vers Vientiane. Pour pouvoir visiter le Nord et le Sud du Laos, il nous faut repasser par Vientiane, la capitale. Le vol ne dure que 50 minutes et nous épargne deux jours de trajets en bus.
Notre passage éclair dans la région nous permet de passer l’après-midi à la ferme, qui propose une expérience éducative et pédagogique autour de la culture de riz. C’est Robin qui souhaitait absolument faire cette journée à The Living Land. A Luang Prabang nous logeons pendant deux nuits dans Namsok Guesthouse.

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Après un léger lunch au milieu des rizières, nous sommes fin prêts à suivre les instructions, c’est sans compter sur Emile qui s’est pris d’amitié avec un jeune chat. Celui-ci ne voit pas du même oeil l’intérêt qu’Emile lui porte et décide de le mordre à la main. Les premiers soins sont alors effectués (alcool et Isobétadine). Mais le mal est fait, et le programme des prochains jours se voit modifié et surtout l’inquiétude nous guette. Quelques appels passés auprès du papa de Bert (médecin généraliste) et nous optons pour une prise en charge à l’hôpital de Vientiane pour réaliser les rappels contre la rage. Nous ne souhaitons prendre aucun risque même si la plaie est minime. Cet incident géré, nous essayons de faire bonne figure auprès des garçons.
Nous sommes directement plongés dans le vif du sujet ou plutôt dans la boue collante des rizières. Le parcours se fait sous forme d’étapes. On sous estime réellement le travail qui se dissimule derrière 1 kilo de riz consommé.

(1) La première étape consiste à sélectionner les bons germes. Plongés dans l’eau salée (l’eau est suffisamment salée lorsque l’oeuf plongé dans l’eau y flotte), les germes qui flottent à la surface ne sont pas sélectionnés car ils sont considérés comme vides, ils sont alors donnés aux bêtes (cochons et poules).

(2) Quant aux autres germes, ils sont semés dans une petite parcelle de terre et protégés tant bien que mal des oiseaux jusqu’à ce qu’ils germent.

(3) Les épis y resteront 20 à 25 jours avant d’être transférés par touffes de 3 à 5 tiges dans un champ plus vaste et plus travaillé (la terre y est oxygénée et les mauvaises herbes enfuies sous terre), ce champ est ensuite retourné et aplani consciencieusement par Suzane, le buffle.

(4) Les semis sont ensuite replantés à espace régulier et parallèle.

(5) Il faut régulièrement enlever les mauvaises herbes entre les gerbes et les enfuir sous la terre ce qui génère du compost.

(6) Quelques 3 mois (+/- 100 jours) plus tard les grains de riz font leur apparition logés dans les tiges. Vient ensuite la période de la récolte-même. L’eau est alors évacuée de la parcelle de terrain 2 semaines avant, le riz peut alors être fauché avec sa paille et ce, manuellement. Les habitants fauchent la partie appelée panicule qu’ils laissent sécher sur le sol.

(7) Nouvelle étape plutôt physique, frapper les panicules sur le sol ou sur une pierre pour que les grains de riz se détachent de la paille.

(8) Les graines sont alors une nouvelle fois triées à l’aide de grands paniers plats et leurs écorces enlevées.

(9) Ensuite, le riz est amené des montagnes au village. Il existe différents paniers pour cela, chaque pays a sa propre façon de transporter le riz

(10) Avant d’êtres concassés au moyen d’un engin plutôt ingénieux.

(11) L’enveloppe du grain est utilisée pour faire le vin de riz, cet alcool local d’une 30ène de degrés.

(12) Le riz est ensuite trempé dans l’eau pendant plusieurs heures et rincé.

(13) Le riz est enfin préparé, cuit à la vapeur pendant 10 minutes.

(14) Parce que 13 est un chiffre qui porte malheur, la quatorzième étape est la dégustation des produits à base de riz: gâteaux de riz, galette de riz, riz soufflé,…

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Vientiane

Cette après-midi ludique et extrêmement intéressante nous a quelque peu éloignés de notre préoccupation sauf qu’arrivés à l’hôtel, Emile se plaint de maux de tête. Il a effectivement 38,5°C et s’endormira jusqu’au lendemain.Nous le mettons également sous antibiotique. Après 13 heures de sommeil, la fièvre ne semble pas l’avoir quitté. Après quelques échanges réalisés la veille par téléphone avec l’assurance, il nous est conseillé de nous rendre dans un hôpital de la capitale. ‘Heureux’ hasard du voyage, nous prenons justement l’avion ce matin pour Vientiane. La fièvre d’Emile s’est provisoirement calmée.

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Après avoir fait un saut à l’hôtel Vientiane Garden Boutique (le même dans lequel nous avions séjourné quelques semaines plus tôt) pour y déposer nos effets personnels, nous prenons la direction de l’hôpital pour être pris en charge. La fièvre d’Emile a fait son grand retour et ne daigne pas baisser et pourtant, pour pouvoir lui injecter le ‘booster’ contre la rage, il ne peut plus avoir de fièvre. Le personnel médical est aux petits soins pour notre ‘falang noy’ (petit étranger en Laos) il a même droit à sa séance de selfie. Nous ne cachons pas notre inquiétude et appelons également l’hôpital Erasme où nous avons réalisé la série de vaccins. Après avoir compté nos différentes aventures au Laos (trek, séjour à la ferme, conditions backpackers) notre interlocutrice nous suggère de faire les tests de la dengue et de la malaria. Nous nous exécutons et attendons la boule au ventre les résultats qui s’avèrent heureusement négatifs, malgré quelques carences liées aux conditions dans lesquelles nous progressons en voyage (Emile n’est pas un grand mangeur et manque de fer; ses plaquettes ne sont pas au top).

Bert et les garçons profitent de la fin de journée plus calme pour aller chercher le fameux tuk tuk qui nous attend dans un hôtel à Vientiane. Il est encore plus beau que nous l’avions imaginé, décoré de dessins réalisés par les enfants Olivia, Gloria et Julian.
Il est équipé de deux jolis paniers pour y mettre les chaussures et surtout il nous protège du soleil. On va en faire des jaloux sur la route ;)

De retour à l’hôtel, c’est au tour de Robin de se plaindre de troubles digestifs et de faire de la température. Après 48 heures de fièvre, de crampes et de vomissements, nous reprenons la direction des urgences mais cette fois avec notre fidèle tuk tuk. Nous réalisons les mêmes tests de dengue et malaria, négatifs également. Il doit s’agir d’un virus. Il faut donc s’armer de patience et surtout… se reposer.

Notre arrivée à Vientiane aurait dû être source d’excitation et de joie, nous y récupérions notre nouveau compagnon de route. Nous l’avons récupéré et il faut dire qu’il nous a directement servi comme « ambulance de fortune », pour véhiculer nos malades. Si notre programme a été quelque peu perturbé, l’envie de mettre le cap vers d’autres aventures est d’autant présente.

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La boucle de Thakhek

19 – 26 fevrier

Le jour de notre départ est enfin venu. Tout le monde pète la forme et se sent prêt à affronter la première boucle appelée ‘The Loop’. Il s’agit d’un itinéraire conseillé pour découvrir les nombreuses grottes, chutes d’eau et montagnes karstiques présentent dans la région. Frederik, Sofie et leurs enfants ont réalisé également les deux boucles du Sud (les 4000 îles à Vientiane en passant par le plateau des Bolaven et la boucle de Thakhek). Il s’agira au total de 1000 km à parcourir à notre aise sur 17 jours, à une moyenne de 35 km/h. Le véhicule est neuf, la moto à 3000 kilomètres, elle vient d’être vidangée, les pneus sont neufs. Nous nous sentons en sécurité dans ce qui sera notre maison roulante pour la suite de l’aventure. Nous sommes désormais co-propriétaires du tuk tuk. A l’issue de notre voyage au Laos, il sera encore temps de voir ce qu’on fera du véhicule sachant qu’il est quasi impossible de passer avec une moto du Laos au Cambodge. Deux amateurs ayant croisé le tuk tuk se sont déjà montrés intéressés de le racheter… On verra bien. Chaque chose en son temps.

L’idée de progresser dans le pays à notre propre rythme nous enchante. Nous avons balisé notre itinéraire et aucune étape ne dépassera les 150 km. La première boucle que nous souhaitons réaliser s’appelle la boucle de Thakhek.

Les enfants s’aménagent un espace dans le tuk tuk et regardent défiler le paysage tout en saluant les différents conducteurs qui nous dépassent. Les premiers tronçons de route sont peu intéressants mais très vite nous rejoignons des routes sinueuses en pleine montagne. Les paysages se dévoilent. A deux reprises, je dois descendre du véhicule. Cela grimpe pas mal et nous ne voulons pas faire souffrir le moteur. Au cours de notre périple, nous nous arrêtons chez l’habitant. Nous allons à la rencontre des femmes qui, assises à même le sol, confectionnent de jolis balets. Nous croisons et saluons les nuées d’enfants qui reviennent de l’école. Certaines routes traversées drainent énormément de trafic, nous ne sommes pas loin de la Thaïlande et du Vietnam. De gros camions nous dépassent toujours prudemment en nous envoyant leur lot de poussière. Heureusement ces tronçons fréquentés ne représentent qu’une petite partie de notre itinéraire mais nous ne pouvons y déroger, car au Laos il y a hélas très peu de routes goudronnées et le trafic se concentre parfois sur certains axes plus dangereux.

Nous roulons une 90 ène de km, la route n’est pas particulièrement intéressante, nous dormons dans la BK Guesthouse à Paksan et mettons le cap vers Vieng Kham. Les paysages et les routes sont de plus en plus jolis. Nous nous posons à Kamphone Keokhamphan Guesthouse. ’s Le soir nous soupons dans un restaurant karaoké. Les laotiens adorent chanter et ça se voit. Ils ne chantent pas tous juste mais prennent beaucoup de plaisir lors de ces soirées animées.

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Le lendemain nous repartons pour une des étapes qui sera la plus belle de notre boucle: direction les grottes de Kong Lor. Nous traversons de superbes paysages karstiques sur fond de rizières. Alors,”karstique » signifie des roches calcaires qui ont été sculptées de tous côtés par l’eau et donc on y retrouve des grottes un peu partout, dont la fameuse grotte de Kong Lor qui fait 7,5km de longueur. Elle traverse littéralement la montagne de part et d’autre.

Avant d’attaquer cette visite nous nous posons dans un adorable bungalow face à la montagne dans la Konglor Eco Lodge, à 800m de la grotte face aux champs de tabac. On y mange super bien et nous y ferons la connaissance de deux jeunes femmes en voyage, tout comme nous, sensibles à l’écologie. Elles mènent un projet d’ustensiles écologiques, comme le développement de pailles en aluminium, des contenants en tissus pour éviter le plastique. Hintha et Itcha nous feront cadeau de 5 jolies pailles qui nous accompagneront dans les nombreux ‘shakes’ aux fruits que nous consommons régulièrement.

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Le lendemain de bonne heure, nous nous rendons à la grotte de Kong Lor. Un énorme bassin d’eau, tel un lac, nous accueille. Nous ne manquerons pas de nous y baigner à l’issue de la visite et les jours qui suivent d’ailleurs, tant le lieu est idyllique. L’histoire raconte que les habitants ont découvert l’existence de cette grotte lorsqu’ils y ont vu débarquer des canards domestiques en amont.

La grotte se visite en pirogue. Arrivés à l’entrée de celle-ci, nous sommes saisis par l’obscurité qui y règne, logique pour une grotte me direz-vous. La visite se fait à la lampe frontale. Nous sommes deux par bateau avec le chauffeur, ces fameuses petites pirogues à 10 cm de l’eau qui sont très régulièrement inondées et dont il faut enlever l’eau pour ne pas couler.

Le chauffeur s’en charge tout en nous guidant dans un noir absolu. On suppose qu’il connait la grotte comme sa poche 🙂. C’est hyper impressionnant de le voir naviguer sur l’eau entre les parois rocheuses. Certains endroits atteignent 100m de haut, de véritables cathédrales. D’autres endroits sont plus étroits et il faut se lever pour pousser la barque car le niveau d’eau n’est plus suffisant à cette période de l’année. Notre chauffeur nous dépose au milieu de la grotte pour nous permettre de réaliser un tronçon à pied.

Après une bonne demi-heure de trajet, nous apercevons de la lumière, le village de Natane. Dire qu’avant, les villageois mettaient 6h à 7h pour traverser les cols et rejoindre le village de l’autre côté de la montagne. La découverte de cette grotte est assez récente, 2005. Je n’ose pas imaginer l’angoisse de ceux qui ont traversé pour la première fois cet endroit et bravé le noir absolu. Bref, cet endroit est un véritable coup de coeur tant le lieu est magique et dégage une atmosphère particulière.

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Laos

Notre séjour au milieu des montagnes, des rizières et des champs de tabac se poursuit. Nous prenons la direction de Thalang dans la province de Khammouane une région fascinante. Cette fois, ce sont des arbres pétrifiés, les pieds dans l’eau qui attisent notre curiosité, il s’agit là du plateau de Nakai. Un barrage hydroélectrique a créé un immense réservoir inondant les zones boisées sur 450km. Près de 6300 personnes ont éét expropriées. La population s’est reconvertie en pêcheurs.

Pour le Laos, pays le plus pauvre d’Asie du Sud-Est, le Mékong et ses bras, représente depuis longtemps la clé de sa croissance future. Le pays espère, depuis le début des années 1990, devenir le réservoir régional d’électricité. Une série de barrages hydrauliques, tout au long des fleuves, devraient lui permettre d’exporter de l’électricité aussi bien vers la Thaïlande que le Vietnam, le Cambodge ou encore le Myanmar. Près de 60 millions de personnes au Laos, en Thaïlande, au Cambodge et au Vietnam dépendent pour leur nourriture et leur travail de l’extraordinaire richesse en poissons d’eau douce du Mékong et de ses bras, dont le Nam Theun. Les barrages vont entraîner une baisse du niveau de l’eau et un débit plus lent. Le fleuve risque donc de ne plus être suffisamment profond pour permettre à certaines espèces de poissons d’y circuler librement, mettant leur survie en péril.

Nous séjournons dans l’un des deux seules guesthouse du coin à deux pas du Nam Theun.
Chaque matin, nous avons la chance de voir arriver de petits bateaux chargés de poissons. Ils sont alors revendus sur les berges pour la consommation locale et autres restaurants. Un vrai spectacle pour les enfants. Les berges deviennent très vite leur terrain de jeu. Bert et moi restons scotchés au paysage en mode “chill”.

Là où nous séjournons à la Sabaidee Guesthouse, au bord du Nam Theun, la tradition veut que chaque soir soit organisé un barbecue rassemblant tous les voyageurs de la boucle de Thakhek. Tous les voyageurs que nous croisons atteignent cet endroit en scooter, moto ou tuk tuk comme nous. Le barbecue est gargantuesque pour 5 euros, il y a même des frites et des morceaux de pizzas, et un cake aux pommes en dessert, des mets que nous n’avons plus mangés depuis des mois. Autour d’une bière ou d’un coca, les langues se délient très vite, nous rencontrons un couple britannique de cyclistes en voyage pour 1 an, une famille française en route depuis 9 ans ( les 4 papous) et un jeune couple de gantois Robrecht et Phebe en voyage pour 2 semaines au Laos. Les garçons ont besoin de parler leur langue et se lachent. Ils racontent plein d’expériences que nous avons vécues jusqu’à ce jour. Ils ont des étoiles dans les yeux et structurent super bien leur récit. Nous sommes émus par leurs histoires. Nous avons la preuve une fois de plus que cette expérience les enrichit chaque jour davantage.

Laos

Laos

Thakhek

Nous quitterons avec regret cette splendide région. Pour rejoindre le dernier point de la boucle: Thakhek. Nous savons que nous devrons emprunter un tronçon de route moins joli et plus fréquenté. Nous sommes non loin de la frontière avec la Thaïlande et pas loin non plus du Vietnam. De gros camions fréquentent cette route mais aussi de nombreux minibus chargés de touristes qui rejoignent la Thaïlande. Nous apprendrons par la suite que près de 800 camions par jour transitent par ce tronçon!

Il est 11h 20 du matin quand l’incident se produit. Emile et Robin se sont endormis il y a une bonne heure. Ils se réveillent avec le choc. Nous venons de nous faire percuter par un minivan. L’impact est tel que notre tuk tuk se renverse. Simon a vu arriver le véhicule sur nous, il est choqué. Quant à moi, je garde cette image du chauffeur qui tente de freiner le mieux qu’il peut. Il a alors le choix entre nous percuter ou se retrouver dans le fossé avec sa dizaine de passagers. Le choix est vite fait… Bert ne se souvient de rien si ce n’est d’un crissement de pneus. Sous l’effet de l’adrénaline, Bert retourne le tuk tuk, il est alors aidé par le chauffeur et ses passagers encore sous le choc. Emile est encore en dessous. Il crie et son menton est en sang. Je l’emmène à l’ombre des buissons en bord de route. Robin et Simon sont perdus, ils ne savent pas ce qui leur arrive. Bert est pendu au téléphone, on lui a demandé de trouver un interprète pour je ne sais quelle raison.

Très rapidement la police nous emmène en jeep 4×4 vers l’hôpital le plus proche. Emile y est pris en charge et recousu sans anesthésie locale. Mon coeur de maman est complètement brisé. La culpabilité m’envahit sous les hurlements de notre petit bout de presque 4 ans. Et si son dos ou sa nuque étaient endommagés? Je contiens mes larmes, mais Robin tout comme Simon comprennent combien leur maman s’en veut de les avoir embarqué dans cette aventure. L’hôpital de campagne est extrêmement rudimentaire. Bert poursuit ses appels téléphoniques avec l’assurance de voyage qui nous conseille de poursuivre les examens médicaux en Thailande dès que possible.

Mais avant cette étape nécessaire après un tel accident, nous devons nous rendre au poste de police pour réaliser le constat et trouver un accord avec l’assurance de la partie adverse, responsable de l’accident. C’est une petite cahute en feuille de bananier qui fait office de bureau de police. Les garçons s’y reposent à l’ombre, au pied du ventilateur pendant que Bert, une fois de plus gère le volet administratif et tente de parlementer avec la police (assez corrompue dans ces pays). Le temps passe, les douleurs musculaires se manifestent, la chaleur est plombante. Une camionnette nous ramène notre tuk tuk endommagé. Un garagiste se rend à son chevet et entame les réparations sur place. L’essieux de la roue, les deux rétroviseurs, la toiture qui doit également être ressoudée à certains endroits.

On nous suggère alors de reprendre la route avec notre véhicule, ce que nous refusons catégoriquement. Les garçons sont traumatisés. Ils ne veulent pas poursuivre en tuk tuk et nous non plus d’ailleurs. Finalement après de nombreuses palabres, et à coup de pot de vin nous nous mettons d’accord, nous déboursons 25 euros et obtenons 3 euros de réduction car nous sommes en possession d’un permis international. La partie adverse doit payer 300 euros quelques mois de salaire ici au Laos et nous rembourser les frais médicaux de 11 euros correspondants au montant liés aux soins pour Emile. Ils doivent également rapatrier notre tuk tuk à 400 km au sud du pays auprès d’un acheteur potentiel. Nous sommes à quelques 80 km de notre destination finale de ce jour que nous rejoignons dans le véhicule de l’assureur de la partie adversaire. Il est 19h00 quand nous rejoignons notre hôtel Villa Thakhek, épuisés mais soulagés de pouvoir nous reposer. Espérons que la nuit soit bonne pour tout le monde.

4 Commentaires

  1. Commentaire par yvette1954

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    yvette1954 Répondre 24 février '19 le 17:27

    Mais dis, quelles belles aventures… c’est passionnant!

  2. Commentaire par laurence leyn

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    laurence leyn Répondre 03 mars '19 le 17:05

    Quelle évasion, j’adore me plonger dans votre univers et merci pour ce partage super bien commenté.Gros bisous à vous 5

  3. Commentaire par Helene

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    Helene Répondre 15 mars '19 le 13:42

    Toujours aussi chouette votre blog ; vous allez d’aventures en aventures …
    Vous êtes au Cambodge maintenant ; j’ai un beau souvenir de ce pays où j’ai été pour 1 échange entre 2 écoles kines en 1997! Bises à vous tous

    • Commentaire par Bert

      Bert

      Bert Répondre 15 mars '19 le 13:57

      Hello Hélène, oui nous sommes arrivés hier. Il y fait très chaud et comme á chaque passage de frontière, il nous faut un peu de temps pour nous aclimatiser. C’est un pays chargé d’histoire…on est impatient d’en savoir plus. Comique que tu connaisses ce pays. Ca nous rajeunit pas!

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